Fixe ou variable?

Par Antoine Printz

Les tensions militaires au Moyen-Orient, marquées par les bombardements meurtriers en Iran des derniers jours, ravivent les inquiétudes sur les marchés de l’énergie. Après plusieurs jours de hausse des prix du gaz, de nombreux consommateurs s’interrogent : faut-il se tourner vers un contrat à prix fixe pour se protéger d’éventuelles flambées ? À ce stade, l’ampleur des répercussions reste incertaine : tout dépendra de la durée et de l’intensité du conflit.

Les tensions géopolitiques ont rapidement des répercussions sur les marchés de l’énergie. Les bombardements en Iran et le risque d’un élargissement du conflit au Moyen-Orient ont ainsi provoqué une hausse des prix du gaz sur les marchés de gros ces derniers jours. Pour les consommateurs, ces mouvements ravivent un souvenir encore récent : celui de la crise énergétique (ou au moins, du pic de début 2025). Dès lors, une question revient avec insistance : faut-il craindre une nouvelle envolée des prix de l’énergie et, surtout, est-ce le moment de sécuriser son contrat ?

Les prix du gaz ont enregistré des hausses sensibles, dans un contexte où toute tension au Moyen-Orient peut susciter des craintes pour l’approvisionnement mondial. Même si l’Iran n’est pas un fournisseur direct de gaz pour l’Europe, une extension du conflit pourrait perturber les flux énergétiques dans la région et renforcer la nervosité des marchés. Et les effets se font déjà sentir. En début de semaine, le prix du gaz sur le Dutch TTF — l’indice de référence pour l’Europe — a grimpé jusqu’à 60 euros par MWh, un seuil qui n’avait plus été atteint depuis 2023. Parallèlement, les prix du pétrole suivent une même tendance haussière.

Depuis quelques jours, les marchés réagissent donc à la situation d’incertitude au Moyen-Orient.  Les prix réagissent souvent très rapidement aux tensions géopolitiques, parfois avant même que leurs conséquences concrètes sur l’approvisionnement ne soient clairement établies. Les anticipations jouent ici un rôle central : la simple perspective d’une perturbation des flux énergétiques suffit à alimenter la volatilité des marchés. Cette incertitude se ressent déjà chez certains fournisseurs. Dans les pages de L’Écho, Maxime Sonkes, CEO de Comparateur-Energie, décrivait ainsi l’atmosphère actuelle : « Nous sommes entrés dans une période d’incertitude fortement marquée. (…) Dès lundi matin, j’ai ressenti une forte nervosité chez certains fournisseurs. L’un m’a demandé de ne plus commercialiser ses contrats fixes, un autre de ne plus en faire la promotion.[1] » Ces signaux témoignent de la prudence qui prévaut actuellement dans le secteur, alors que les fournisseurs cherchent eux aussi à se protéger face à des marchés devenus plus volatils.

Dans ce contexte, la question du choix entre un contrat à prix fixe et un contrat à prix variable revient au premier plan. Les offres variables suivent l’évolution des marchés et peuvent donc réagir rapidement en cas de hausse des prix – sachant que si celle-ci était temporaire, la facture annuelle pourrait n’en être pas tant impactée. À l’inverse, un contrat fixe permet de verrouiller un tarif pour une période déterminée, au prix d’un coût généralement un peu plus élevé au départ. Aujourd’hui, l’écart reste notable : en moyenne, un contrat variable est environ 25 % moins cher qu’un contrat fixe pour le gaz et environ 6 % moins cher pour l’électricité[2].

Pour les ménages, le choix revient donc à arbitrer entre un prix pour l’instant plus bas mais plus incertain, et un prix plus élevé, mais offrant davantage de sécurité face aux fluctuations des marchés.


[1] https://www.lecho.be/monargent/energie/l-envolee-du-prix-du-gaz-met-les-contrats-fixes-sous-pression/10650972.html

[2] https://www.lecho.be/monargent/energie/l-envolee-du-prix-du-gaz-met-les-contrats-fixes-sous-pression/10650972.html

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