Par Antoine Printz
En 2025, les prix du gaz diminuent sensiblement après les niveaux exceptionnellement élevés observés durant la crise énergétique. Cette baisse concerne à la fois les contrats à prix variable et les contrats à prix fixe. Toutefois, replacée dans une perspective plus longue, cette évolution doit être relativisée : les prix restent à des niveaux historiquement élevés et les écarts entre contrats demeurent importants. Dans un contexte marqué par de nouvelles tensions géopolitiques depuis début 2026, ces évolutions récentes invitent à une lecture prudente des tendances observées.
Évolution des prix du gaz
Lorsqu’on observe l’évolution des prix du gaz sur plusieurs années, une tendance similaire à celle de l’électricité apparaît : la baisse enregistrée depuis 2023 ne correspond pas à un retour à la situation d’avant-crise, mais plutôt à une stabilisation à un niveau plus élevé.

Évolution des prix de la commodité gaz en c€/kWh entre décembre 2020 et décembre 2025
Entre décembre 2020 et décembre 2025, les prix ont connu une forte hausse, suivie d’un repli progressif. Comme pour l’électricité, les contrats à prix fixe ont temporairement disparu entre avril 2022 et avril 2023, dans un contexte d’incertitude extrême sur les marchés.
En décembre 2025, le prix moyen des contrats à prix variable s’établit à 4,2 c€/kWh. Ce niveau est comparable à celui observé à l’été 2021, déjà considéré comme élevé à l’époque et qui avait conduit certains fournisseurs à se retirer du marché bruxellois. Les contrats à prix fixe affichent des niveaux encore plus élevés, avec une moyenne de 5,3 c€/kWh, équivalente à celle observée à l’automne 2021, au moment où l’offre se raréfiait fortement.
La comparaison avec 2020 est particulièrement éclairante : à cette date, le prix moyen des contrats à prix fixe s’élevait à 2,39 c€/kWh. Il a donc plus que doublé en cinq ans (+122 %). Sur la dernière décennie, les prix dépassaient rarement les 3 c€/kWh, sauf lors de l’hiver 2018-2019.
Une baisse marquée tout au long de l’année 2025
L’année 2025 se caractérise par une diminution nette des prix, tant pour les contrats à prix variable que pour les contrats à prix fixe.

Évolution du prix moyen de la commodité gaz de tous les contrats entre janvier et décembre 2025
Le prix moyen des contrats à prix fixe passe de 7 c€/kWh en janvier à 5,3 c€/kWh en décembre, soit une baisse de 24,3 %. Les contrats à prix variable connaissent une diminution encore plus marquée, passant de 6,5 à 4,2 c€/kWh sur la même période (-35 %). Cette baisse intervient principalement au printemps, avant une évolution plus modérée jusqu’à la fin de l’année.
Malgré cette détente, les niveaux restent nettement supérieurs à ceux observés avant la crise énergétique, où les prix oscillaient autour de 2 à 3 c€/kWh.
Une prime du fixe toujours significative
Tout au long de l’année 2025, les contrats à prix fixe restent plus chers que les contrats à prix variable. En décembre, l’écart atteint 26 %, traduisant une prime importante associée à la stabilité des prix.
Cette situation reflète l’incertitude persistante sur les marchés du gaz : les fournisseurs intègrent dans leurs offres fixes une marge de sécurité face aux fluctuations possibles des prix de gros. Avant la crise, cet écart était beaucoup plus faible, et certains contrats fixes pouvaient même être plus avantageux que les variables. Le maintien d’une telle prime constitue donc un indicateur de la perception du risque sur le marché.
Des écarts importants entre les contrats variables
Au-delà des moyennes, les différences entre contrats restent marquées.

Évolution du prix de la commodité gaz pour les différents contrats à prix variable proposés en 2025
Les prix des contrats variables commencent l’année à un niveau élevé, puis diminuent fortement à partir du printemps, avant de fluctuer légèrement. Dans ce contexte, le contrat proposé par Mega via Testachats apparaît systématiquement comme le moins cher, atteignant 3,1 c€/kWh en décembre 2025. À l’inverse, le contrat Comfy de Luminus reste le plus cher, à 5,48 c€/kWh à la même période.
L’écart entre ces deux offres atteint ainsi 77 % en fin d’année. Sur l’ensemble de l’année, il s’élève en moyenne à 2 c€/kWh. Ces différences illustrent l’importance du choix du contrat pour les consommateurs.
Des écarts similaires pour les contrats à prix fixe
Les contrats à prix fixe présentent également des écarts significatifs.

Évolution du prix de la commodité gaz pour les différents contrats à prix fixe proposés en 2025
Si les prix diminuent globalement à partir du printemps, tous les contrats ne suivent pas la même trajectoire. Le contrat proposé par Mega via Testachats reste le moins cher tout au long de l’année, atteignant 4,2 c€/kWh en décembre 2025. À l’inverse, le contrat Comfy de Luminus demeure le plus cher, à 7,17 c€/kWh.
L’écart entre ces deux offres atteint 71 % en fin d’année, avec une différence moyenne de 2,7 c€/kWh sur l’ensemble de 2025. Concrètement, cela se traduit par plusieurs centaines d’euros de différence sur une facture annuelle.
Une baisse à relativiser dans un contexte de tensions renouvelées
La baisse observée en 2025 doit toutefois être interprétée avec prudence. Elle intervient après une période de prix exceptionnellement élevés et ne correspond pas à un retour durable à la situation antérieure.
Les développements récents survenus début 2026 rappellent la forte sensibilité du marché du gaz aux tensions géopolitiques. Les frappes américano-israéliennes contre l’Iran ont provoqué une forte hausse des prix sur les marchés européens, certains indicateurs faisant état d’augmentations de plus
de 50 à 60 % en quelques semaines. Ces tensions s’expliquent notamment par les perturbations potentielles du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative du gaz naturel liquéfié mondial.
Ces éléments montrent que, malgré une accalmie en 2025, le marché du gaz reste exposé à des chocs rapides et importants, susceptibles de se répercuter sur les prix de détail.
Conclusion : un marché en apparente accalmie, mais structurellement fragile
L’année 2025 marque une phase de détente sur le marché du gaz, avec une baisse significative des prix pour les contrats à prix variable comme pour les contrats à prix fixe. Toutefois, ces prix restent nettement supérieurs à ceux observés avant la crise énergétique.
Par ailleurs, les écarts entre contrats demeurent importants, avec des différences pouvant atteindre plus de 70 % selon les offres. Dans ce contexte, la comparaison des contrats reste essentielle pour les consommateurs bruxellois.
Enfin, les tensions observées depuis le début de l’année 2026 rappellent que cette accalmie reste fragile. Le marché du gaz demeure fortement dépendant de facteurs géopolitiques, ce qui rend son évolution incertaine et renforce l’importance d’une lecture attentive des dynamiques en cours.
[1]Cela fera l’objet d’un article sur la « tension du marché ».